Eileen Gray

(1878-1976)

D’origine irlandaise, elle découvre Paris en 1900 lors de l’Exposition Univer-selle et commence alors des études de peinture d’abord à Londres puis à Paris où elle s’installe définitivement en 1907. Elle se consacre alors à l’étude de la laque auprès de l’artisan laqueur Seizo Sugawara. Sa première exposition en 1913 au Salon des Artistes Décorateurs attire l’attention de Jacques Doucet qui lui commande différents objets (paravent, table etc…). Entre 1919 et 1924, elle réalise le design intérieur d’un appartement qui sera loué par la presse tout en ouvrant une galerie avec Jean Badovici où une clientèle « chic » se montre plus que séduite. Gray mélange laques et bois rares, abstraction géométrique et motifs d’inspiration japonisante dans une esthétique qu’elle qualifiera plus tard de « monstruosité de l’Art Déco ».

En 1923, sa rencontre avec des membres du mouvement De Stijl bouleverse sa création, la faisant évoluer vers la création d’un mobilier axé sur la fonctionnalité pour lequel elle utilise des structures métalliques tubulaires. Elle se dirige ensuite vers l’architecture, réalisant d’abord le projet de la villa E-1027 à Roquebrune (très influencé par les théories de Le Corbusier) avant d’élaborer des concepts de logements intégrant une dimension sociale liée à une problématique contemporaine. La deuxième guerre mondiale marque une césure. Il faudra attendre la parution d’un article élogieux en 1968 puis la vente du mobilier de Jacques Doucet en 1972 pour remettre son œuvre sur le devant de la scène. En 1973 d’importantes rétrospectives lui sont consacrées, à New York et à Londres. La vente de la collection Yves Saint Laurent en 2015 assoie définitivement sa résurrection puisque le « fauteuil aux dragons » (datant des années 1919-1920) est adjugé 21,9 millions d’euros, record absolu puisqu’il s’agit du plus haut prix jamais obtenu pour un fauteuil.

Sa création vendue :