Jean Royère
Jean Royère est issu d’une famille bourgeoise et cultivée qui le mènera durant sa jeunesse aux côtés de son oncle à s’initier au commerce dans l’import-export.
Sa carrière en tant que décorateur débute dans les années trente. Ses débuts, marqués par son passage dans une fabrique de meubles du faubourg Saint-Antoine à Paris, lui permettent d’appréhender les exigences de l’artisanat parisien.
Cette première période de création de ce début des années 1930 marquera le début du succès de Jean Royère.
Outre sa première commande réalisée pour son oncle Jacques Raverat, où il créa un mobilier de jardin aux lignes étirées annonciatrices de son style personnel et peu conventionnel, il marquera son temps et ses contemporains avec des projets tels que le Carlton ou les créations qu’il réalisa dans la section consacrée au mobilier contemporain du célèbre fabricant Gouffé.
Quelques années après sa consécration lors l’exposition universelle de 1937, pour laquelle dix-sept ensembles lui sont commandés, Jean Royère ouvre sa propre agence rue d’Argenson à Paris, puis, en 1949, une grande galerie rue du Faubourg Saint-Honoré.
Les commandes publiques telles que le décor du consulat de France à Alexandrie, les salons de la nouvelle légation de France à Helsinki, les projets de décoration de Gaston Dutilleul ou encore du chanteur Henri Salvador en 1955, achèvent d’établir sa notoriété internationale.
Ainsi, durant les années 1950, Jean Royère décida de développer son activité au Maghreb ainsi qu’en Amérique du Sud avec Lima en 1955 et São Paulo en 1957, le proche et Moyen Orient où il ouvrira dès 1946 un bureau au Caire, en Egypte et, l’année suivante, une agence à Beyrouth au Liban puis finalement en 1958 une succursale en Arabie Saoudite et en Iran.
Dès lors, Royère, multiplie les chantiers pour le compte d’une clientèle prestigieuse et élitiste à l’étranger comprenant le roi Séoud d’Arabie, le prince Fayçal, le roi Hussein de Jordanie, le président Chéhab du Liban, le shah d’Iran et sa fille, ou encore la princesse Shahnaz.
Émancipé du courant fonctionnaliste, Jean Royere, avec son goût pour les formes épurées ou simplicité et élégance vont de paire, incarne le retour à un répertoire ornemental inspiré du monde animal et végétal où se mêlent et s’imbriquent des matériaux naturels, aux formes libres ou encore aux contours organiques.
En témoignent des modèles phares et iconiques du décorateur tels que le fauteuil Éléphanteau, la chaise Trèfle, le lampadaire Champignon ou les appliques et lustres Bouquet qui reflètent l’univers poétique qui imprègne toute son œuvre.
Ces luminaires sont chez Royère particulièrement ludiques et le lustre que nous vous présentons tout comme les célèbres Liane évoque un végétal envahissant l’espace.
“J’ai vu des salons où des lierres font plusieurs fois le tour des murs en zigzaguant autour des tableaux et des glaces, et des salles à manger où la vigne vierge redescend dans des lustres.»
Jean Royère, Notes de voyages d’un décorateur français en Scandinavie, « Le Décor d’aujourd’hui », n° 53, 1949.

